Tous les deux jours je me dis que je dois recommencer à écrire en français. Et dans les activités de tous les jours, j’oublie ma promesse à moi-même. Mais aujourd’hui, je fais un vrai effort, de m’exprimer : de m’exprimer dans une langue qui n’est pas la mienne, une langue que j’ai adoptée comme la mienne, il y a 9 ans. Aujourd’hui je n’attendrai plus. Je n’attendrai plus le bon moment, la phrase parfaite, l’idée la plus intéressante pour recommencer à écrire.

Mais, quoi dire ? Dire que les relations humaines sont tellement compliquées ? Que les jours sont tellement courts ? Ou dire que cette vie ne me suffit pas pour faire tout ce que je veux faire ? Ou même que parfois je souhaite m’en aller quelque part, toute seule ? Sans famille, sans amis, sans même le téléphone portable qui devient de plus en plus une partie intégrale de mon corps ?

Je dirai tout cela et encore plus. La liberté de mon séjour parisien me manque parfois. Je pense parfois faire la grasse matinée, rester couchée jusqu’à midi, sans maman, ni la bonne pour me déranger. J’aimerais, encore une fois commencer ma journée sur Internet chattant avec Nita, qui se trouve actuellement à l’autre bout du monde. J’aimerais, encore une fois, passer des journées entières avec moi-même et mes pensées. J’aimerais un jour, au moins pendant une journée, retrouver la liberté que je sens avoir perdu dans la routine. Un jour…