Je me souviens de cette citation mieux que toutes les autres citations que j’ai lues tout au long de mes études de littérature et de philosophie française. A l’âge de 22 ans, quand j’ai lu cette citation et la philosophie existentielle avec laquelle elle est associée pour la première fois, je n’ai pas très bien compris. Je me demandais pourquoi faire un choix, être libre étaient une condamnation.

Cinq ans plus tard je comprends mieux. Je comprends que parfois, il est mieux de ne pas avoir la liberté de choisir. Je comprends également que cette liberté est toujours là, et que parfois il est impossible de ne pas l’exercer. Je comprends que ce choix n’est pas toujours facile, ni clair. Je comprends aussi que le choix que l’on fait peut tout changer dans un instant.

A cet instant, je me demande si c’est mieux de ne pas être libre, si c’est mieux de ne pas avoir la liberté de faire ce choix. Mais non. Je préfère faire ce choix, bien que le choix soit mauvais. Je préfère me tromper pour mieux apprendre. Je préfère être condamnée à être libre plutôt que d’être esclave aux souhaits d’autrui. Je préfère assumer la responsabilité pour le mauvais choix. Suis-je la seule ? Je ne sais pas.